Mémorial National du Camp de Drancy:


Le monument inauguré en 1976 est l’œuvre du sculpteur Shelomo Selinger

Le Wagon Témoin:

Le wagon-témoin du mémorial National du Camp de Drancy est un wagon de transport de marchandises identique au type de wagons en circulation en France dans les années 1940.

"Il est là pour nous rappeler les conditions inhumaines dans lesquelles se sont déroulées les déportations. Ce sont en effet principalement des wagons de marchandises comme celui-ci qui, de 1942 à 1944, ont servi à la déportation des Juifs de France, hommes,  femmes et enfants, vers l’Est." (S. Zeitoun)

Le wagon donné par la SNCF en 1988 à la commune de Drancy date de 1941. Il a été fabriqué à Maubeuge, dans les usines du Tilleul. Il constitue un élément de tout premier plan en matière de transmission de la mémoire: de par sa dimension symbolique, la force évocatrice de la présence du wagon au cœur même de la Cité de la Muette contribue au souvenir de cette page douloureuse de l’Histoire ("pour ne jamais oublier…"). Symbole si fort que l’arrêté du Ministère de la Culture en date du 27 mars 1990 considère que le wagon présente un intérêt public au point de vue de l’Histoire et classe le wagon parmi les monuments historiques (objet mobilier de propriété communale) qui bénéficie ainsi d’une mesure de protection.

Le wagon-témoin inauguré en 1988 est classé Monument historique

 

Présentation du mémorial par Shelomo Selinger:

J’ai réalisé le Monument de Drancy à la suite d’un concours international. Il est appelé à perpétuer la mémoire des Juifs enfermés dans le camp installé en ce lieu, d’où ils furent déportés dans les camps d’extermination nazis. J’espère qu’il sera à même de transmettre aux générations futures les émotions qu’en qualité de rescapé des camps nazis, j’ai revécues deux années durant, en travaillant à cette œuvre.

Voici les symboles que l’on retrouve sur ce monument :

  • Les 3 blocs, posés sur la butte pavée, forment la lettre hébraïque « SCHIN », traditionnellement gravée sur la « mezouza » apposée sur la porte des maisons juives.
  • Les 2 blocs latéraux symbolisent les portails de la mort, le camp de Drancy étant considéré comme « l’antichambre de la mort ».
  • Le bloc central est composé de 10 personnages, ce nombre étant nécessaire pour la prière collective (Minyan).
  • Sur le devant : un homme et une femme incarnant la souffrance et la dignité.
  • Au milieu, la tête d’homme avec un cube rituel sur le front (Tefilin) symbolise la prière.
  • En bas, deux têtes renversées symbolisent la mort.
  • Deux lettres hébraïques « LAMED » et « VAV » sont formées par la coiffe, le bras et la barbe des deux personnages, en haut de la sculpture. Ces deux lettres ont la valeur numérique 36, selon le nombre de « Justes » grâce auxquels le monde subsiste (selon la tradition juive).
  • Les deux rangées de 7 marches vont en rétrécissant vers la porte de la mort. Elles symbolisent l’élévation des âmes des victimes tout comme les 7 degrés de l’enfer qu’ils durent subir avant la mort.
  • Des formes circulaires au bas de la sculpture, sont les flammes dévorantes et les flammes du souvenir.

L’arrière du Monument :

  • Les portes de la mort se referment. Les marches se rapprochent et se dirigent vers les rails et le Wagon-Témoin.
  • Sur la sculpture : une femme tient un enfant dans ses bras en souvenir des 1 500 000 enfants juifs arrachés à leurs mères ou assassinés avec elles.
  • Plus bas, une tête dans les flammes, symbolisant la souffrance, et deux têtes renversées, s’enroulent dans les formes circulaires du feu.

La surface arrière du monument :

  • Des rails de chemin de fer relient le monument au wagon : c’est le chemin des martyrs. Dans ce wagon, aménagé en musée, 100 personnes étaient entassées pour leur transfert vers les chambres à gaz.


Témoignages de personnalités:

"Le message d’Auschwitz, au-delà du souvenir de nos morts, me paraît aussi pour les Juifs impliquer cette obligation morale : être du côté de ceux qui sont persécutés, toujours et partout, ne jamais accepter même par un silence complice, ces maux que l’Humanité charrie en elle comme un poison, et qui s’appellent le racisme et l’injustice quels qu’en soient le visage ou les victimes... "

Robert Badinter, Ancien Ministre

"Garder vivante la mémoire de ce que fut le camp de Drancy, c’est la responsabilité de tous ceux qui sont attachés à la démocratie.
Laisser oublier l’horreur de Drancy, dernière étape avant Auschwitz, ce serait laisser, sans réagir, se développer l’idéologie de l’exclusion, le racisme, l’antisémitisme. Ce serait laisser peser une grave menace sur le présent et sur l’avenir de nos enfants.
Telle est pour moi la signification du Mémorial."

Marie-Claude Vaillant-Couturier, Résistante Déportée


Source : Comité National du Mémorial du Camp de Drancy