
Ce Lundi les élèves des écoles de Drancy et de Bobigny étaient présents pour encourage le départ de Julie dans sa course de Drancy à Auschwitz-Birkenau.
En effet, lancée depuis le monument commémoratif situé dans la cité de La Muette, ancien camp d'internement, la "course contre l'oubli" reprenant le parcours des déportés est passée par l'ancienne gare de déportation de Drancy d'où partirent pour le camp d'extermination d'Auschwitz Birkenau les 21 convois de l’été 1943 à l’été 1944, après ceux partis de la gare du Bourget.
Justine Decourselle infirmière en EHPAD à La-Grande-Motte (Hérault) a rencontré dans le cadre de son travail, a entendu des témoignages de victimes, elles ou leurs proches, des persécutions antisémites des autorités de Vichy et des occupants nazis. Sensible à ces témoignanges elle a résolu de mettre sa passion pour la course à pied au service d'une commémoration originale, susceptible de toucher le plus grand public, notamment celui des jeunes.
La date du départ n'a pas été choisie au hasard, c'est celle du convoi 71, le 13 Avril 1944: "Il s’agit aussi du convoi de Simone Veil et celui des enfants de la maison d’Izieu. Il y a donc une portée symbolique qui me permet de me rattacher à des figures fortes" explique Justine Decourselle. 1500 km est aussi le nombre de personnes emportéees dans ce convoi 71.
L'itinéraire des 1500 km, suivant les voies de chemin de fer qui séparent Drancy d'Auschwitz, devraient être parcourus en 33 jours, soit l'équivalent d'un gros marathon par jour, pour honorer la mémoire des déportés du convoi n°71 et transmettre un message de tolérance et de souvenir. Message que les élèves de Drancy et de Bobigny ont repris sur leurs pancartes d'encouragement exhibées au passage de Julie.
Parmi le centaine de survivants se trouve Ginette Kolinka. À 101 ans, elle est aujourd’hui l’une des dernières rescapées encore en vie. Justine Decourselle l’a contactée pour lui présenter son projet "Elle m’a répondu en plaisantant qu’elle ne pouvait pas courir avec moi", raconte Justine "Mais elle m’a proposé qu’on intervienne ensemble dans un collège. Elle a trouvé que mon idée était extraordinaire surtout que je n’ai aucun lien familial avec la Shoah".
Avant la course, Justine Decourselle a déjà rencontré plus de 200 élèves dans des établissements scolaires. "En me rendant auprès d’eux, j’essaye de promouvoir le message de Ginette. Quand elle va dans des écoles, elle leur dit de s’accepter les uns les autres et de lutter contre la haine. C’est à notre tour d’être les passeurs de mémoire car les derniers témoins ne sont plus nombreux".
Tout au long de sa course, elle va encore prendre le temps de rencontrer des scolaires que ce soit en France ou en Allemagne, des rencontres sont prévues en partenariat avec l’Institut Français à Francfort et à Dresde. Justine Decourselle va également déposer des galets tous les 10 kilomètres, nombre d'entre eux ont été décorés par des écoliers. Ils seront photographiés et géolocalisés sur une cartographie numérique, permettant aux classes de suivre l’avancement de "l’athlète de la mémoire" étape par étape.
Au cours de ces 33 jours, la sportive dormira chez l’habitant ou dans un van aménagé conduit par son compagnon, qui assure la logistique. "J’ai refusé les nuits en hôtel car ce n’était pas cohérent avec le projet. Il faut vivre l’idée jusqu’au bout", insiste Justine Decourselle.
La "Course contre l'oubli" peut être suivie sur le compte Instagram de Julie Decourselle
Du 1er au 27 Avril 2026
Nous recommandons sans réserve d'assister aux projections du 21ème Festival "La Résistance au cinéma" organisé par nos amis de l'association AMRN93 - Les Amis du Musée de la Résistance nationale de Seine-Saint-Denis.
Placé sous le signe du 80ème anniversaire du Procès de Nuremberg (1946-2026) où furent jugés les dirigeants criminels nazis, ce 21ème festival propose des films, des documentaires, des débats, des rencontres, des échanges avec des intervenant.e.s spécialistes du thème de la projection dans une dizaine de salles de cinéma de Seine-Saint-Denis.
Nous découvrons avec indignation que des croix gammées ont été taguées au cœur de la cité de la Muette, à proximité même du local de l’association où nous recevons visiteurs et scolaires.
Nous condamnons solennellement cette provocation antisémite et appuyons le signalement que trois élues de la ville et du département ont déposé en justice dès leur découverte lors d’un porte à porte de campagne.
Dans notre travail de mémoire comme dans l’inscription de nos actions dans le quotidien, nous sommes déterminés à combattre l’antisémitisme et tous les racismes, d’où qu’ils viennent.
Nous remercions les personnes ayant découvert cette profanation qui ont eu l’attitude citoyenne qui convient ainsi que les personnels de Seine-Saint-Denis/Habitat qui, prévenus, ont immédiatement nettoyé les lieux.
Nous dénoncerons toutes les entreprises de haine et d’exclusion, les impostures négationnistes ou révisionnistes, agitées par les ennemis de la République d’aujourd’hui comme d’hier. Portant la mémoire de la barbarie nazie et de ses complices, la mémoire des juifs et résistants internés à Drancy avant d’être envoyés par la gare du Bourget puis par cette de Bobigny pour être exterminés à Auschwitz, nous conservons la détermination antifasciste de nos anciens.
Face à des actes aussi écœurants, nous appelons à redoubler de vigilance et entendons que les auteurs soient poursuivis avec toutes les rigueurs de la loi. Nous sommes déterminés à poursuivre notre action pour faire vivre par nos actions les valeurs républicaines et démocratiques de solidarité, d’égalité et de fraternité.
Avec les associations mémorielles, nous déposerons une gerbe commémorative et invitons à nous rejoindre devant le monument commémoratif, à l'entrée de la cité de la Muette, ce dimanche 1 mars 2026 à 17:30
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